12 juin 2014

#ChallengeAZ : K comme KRICH Raymond

La triste nouvelle est arrivée ce matin, Raymond, le fils aîné de Sébastien KRICH, est mort au combat le 24 septembre 1914 à Moronvillers (51). Il n'a passé qu'un mois au front. Il avait rejoint son régiment, le 53ème Régiment d'Infanterie, le 7 août précédent.

Le village de Reynès est sous le choc, tout le monde le connaissait Raymond ! Il travaillait avec son père à la ferme Ascarrabil. Il s'était marié le 17 février 1911 avec une cérétane, Marguerite CASSU.

Reynès, est un petit village des Pyrénées-orientales (66) d'à peine 800 habitants, le long de la rivière le Tech. La commune est frontalière de l'Espagne.
Emplacement de Reynès (66)

Deux ans plus tôt, c'est Marie Françoise Marguerite KRICH, l'aînée, qui avait été conduite à l'autel le 11 juillet 1908 pour épouser Martin MADERN, un petit gars du coin.

C'étaient des sacrés travailleurs, les KRICH. Depuis leur installation dans le village, le père avait été muletier pour la métairie ALCOUFFE et à Can Gougla, puis fermier. Les fils de la famille l'aidaient depuis leur adolescence et louaient leurs bras à qui en avait besoin.

L'intégration de Sébastien et sa femme, Angélique mais que l'on surnomme Angèle, espagnoles d'origine, s'étaient bien passée. Pourtant, Sébastien Jean Baudile, le fils cadet, avait demandé à modifier son nom KRITZ en CARITG, ce qui avait été accordé par le tribunal civil le 28 septembre 1911. C'est d'ailleurs sous ce nom qu'il a fait son service militaire dans la classe 1911. C'est au 142ème Régiment d'Infanterie qu'il a été affecté fin 1912. Il a eu le temps de participer au mariage de sa soeur Françoise Marie Thérèse, le 6 janvier, qui se maria avec Alexandre DAVID à Reynès. Raymond, le grand frère, faisait son service à l'époque au 53ème Régiment d'Infanterie, mais avait pu se libérer pour participer à la fête. 

Le 26 septembre 1913, Raymond est envoyé en congé  en attendant son passage dans la réserve. Mais les évênements en Serbie vont changer la donne et il doit repartir au corps d'armée le 3 août 1914. Raymond n'est plus et l'indemnité de 150 francs que touchera sa veuve Marguerite sera le seul réconfort qu'elle recevra de l'armée en été 1915.

Angèle et Sébastien père attendent à présent des nouvelles de leur second fils Sébastien, également parti début août et qui a été fait  prisonnier de guerre le 22 août 1914 à Lunéville (54), en prenant une balle au genou. En captivité à Docberith (vraisemblablement Döberitz), puis à Zossen, il sera finalement rapatrié le 20 décembre 1918. Il passe au 53e Régiment d'Infanterie, celui de son frère, pour être finalement démobilisé en avril 1919. Il se marie en juin 1919 avec Thérèse VILALONGUE de Reynès. Il sera placé comme mineur boiseur à la Compagnie Pyrénéennes de Talcs de Reynès le 1er avril 1936. Enfin, en 1940, il sera dégagé de toutes obligations militaires.

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