7 juin 2014

#ChallengeAZ : G comme GIRAL mais pas le stade !

Aimé GIRAL (1895-1915)
A Perpignan existe le stade Aimé GIRAL, qui accueille la fameuse équipe de l'USAP. Aimé GIRAL est le nom d'un joueur demi d'ouverture qui a joué son premier match en équipe première contre l'équipe de Tarbes en 1914. Premier et dernier match car un an plus tard, il décède à la guerre, après reçu un éclat d'obus dans les poumons, à bord d'une ambulance. Avec lui, ce sont six autres joueurs Usapistes qui participeront à la Grande Guerre et ne reviendront pas. 

Prosper est allé à la mairie ce matin de Saint-Laurent-de-Cerdans (66), juste à côté de chez lui. Il vient de finir ses premières fournées de pain et profite d'une pause. Avant-hier, Catherine, sa femme, a donné naissance à son premier fils, vers 6h du matin, Henri Jules Jean. François COSTE, cordonnier et Silvestre PALI, brassier, sont là pour attester de la naissance.  Prosper signe et retourne à la boulangerie. Il fait plutôt frais en ce 14 février 1845.

Emplacement de Saint-Laurent-de-Cerdans (66)

Cinq ans plus tôt, le 25 septembre 1840, Archange BOIX avait fait la même démarche, à la même mairie, il était allé déclaré sa fille Thérèse Marie Anne Rose, accompagné de Jean BOIX, et de Jean GRILL, son beau-frère, tous deux forgerons. En effet, les forges catalanes se sont développées dans le village au début du siècle. Le fer provient des gisements du Vallespir et du Conflent. Les forgerons fabriquent des outils agricoles, des fers à chevaux et des mécanismes de serrurerie. Archange, lui était tisserand, vraisemblablement pour les maisons Ribes ou Pruja, qui viennent de s'établir. Ils fabriquent les fameuses vigatanes.

Prosper GIRAL est allé s'établir à Rivesaltes, mais Henri Jules Jean, lui, s'établit à Perpignan en tant que boulanger. Est-ce là qu'il rencontre Thérèse, ou bien se sont-ils connus sur les bancs de l'école de Saint-Laurent-de-Cerdans ? Thérèse travaille comme cuisinière à Perpignan. Il se marie le 26 novembre 1868. La mère de Prosper n'est pas là, elle est décédée lorsqu'il avait 5 ans. Ils emménagent au 19 rue Grande la Réal. La maison a aujourd'hui disparu pour permettre l'accès à une place.  Moins d'un an plus tard, ils ont un  premier fils, Jean Joseph Paul, puis deux ans plus tard, le 5 décembre 1871, naît Henri Laurent Michel. Son oncle Abdon BOIX, cordonnier, sera témoin à la mairie. La famille déménage au n°10 de la même rue. Thérèse, voit le jour en juin 1876, mais décède trois jours plus tard. Le 10 mars 1879, c'est au tour d'Aimé de venir agrandir la famille. Henri et Thérèse n'auront pas d'autres enfants.

Maison n°10 rue Grande la Réal Perpignan (66)
 En 1891, Henri Laurent Michel a 19 ans et est boulanger avec son père toujours au 10 rue Grande la Réal. Ils résident à cette adresse avec 4 boulangers (dont 3 espagnols) et 1 pâtissier. Deux servantes aident Thérèse pour la tenue de la maison. Au n°20 de la rue Grande-la-Réal, habitent Rose ABBLART et son fils Jules, 46 ans, médecin, décoré Chevalier de la Légion d'Honneur 7 ans plus tôt. Jules accepte d'être le témoin du mariage d'Henri Laurent Michel et de Thérèse LLECH le 4 avril 1894 à Perpignan. Thérèse est originaire de Perpignan et habitait non loin de là rue Mirabeau avec ses parents. Elle a 22 ans lorsqu'elle se marie. Son père Jean est boulanger et sa mère se nomme Rose AUBERT. Deux ans plus tard, le couple GIRAL habitent désormais sans les parents d'Henri mais avec Aimé Henri, leur premier enfant, né le 8 août 1895. Aimé a une nourrice à domicile et ses parents hébergent également 4 ouvriers boulangers (dont 1 espagnol) et une domestique. 

Deux ans plus tard, sa soeur Blanche Jeanne Thérèse naît le 12 février 1897.

Vers 1901, le père d'Henri, Henri Jules Jean, emménage à nouveau dans la maison avec sa femme Thérèse BOIX et une servante. La maison contient 2 étages. Au rez-de-chaussée habitent les propriétaires. Actuellement, le rez-de-chaussée abrite un atelier de luthier. D'après cet article, la demeure a abrité la boulangerie GRAVAS. Or, Blanche Jeanne Thérèse s'est mariée avec Joseph GRAVAS le 25 juin 1919 à Perpignan (Mentions marginales de son acte de naissance).

Equipe de l'ASP 1914 - en bas à droite : Aimé GIRAL


Après une scolarité exemplaire, Aimé, apprécié de tous, l'idole des jeunes filles, fait partie de l'équipe de l'ASP (Association Sportive Perpignanaise) pour jouer en équipe première, à tout juste 19 ans. Il participera en 1914 à la finale contre le stadoceste Tarbais. A la fin du match, Aimé réussit à passer la transformation de l'essai de Félix BARBE à la 76ème minute, qui permet à l'équipe de devenir championne de France en gagnant 8 à 7 (source).
 
Article de Jack - le Cri Catalan 1914

Aimé est mobilisé quelques mois plus tard, il est aspirant au 80e Régiment d'Infanterie lorsqu'il décédera à Somme-Siuppe (Marne) le 22 juillet 1915.

La notice nécrologique parue dans Le cri Catalan permet de cerner le personnage d'Aimé, son parcours ainsi que l'adoration que les catalans lui portaient.

































Durant la guerre, le dirigeant du club, Jean LAFFONT, mais aussi le trésorier Marcel MOSSÉ et 28 autres joueurs de l'équipe réserve tomberont pour la France. Une stèle leur rend hommage, ainsi qu'aux joueurs du SOP (Stade Olympien Perpignanais) derrière la tribune Chevalier du stade Aimé GIRAL.


Monuments aux Morts - Stade Aimé GIRAL - Perpignan (66)
Pour l'anecdote, j'ai habité presque en face de la maison où a grandi Aimé GIRAL, bien avant de m'intéresser à sa généalogie !

Pour découvrir le destin d'autres rugbymens durant la guerre 14-18, visitez ce forum.

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