14 oct. 2016

Mais d'où est originaire Marie GUYON ?

source :
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 Voici l'histoire d'une collatérale d'un ancêtre d'un client qui m'a donné du fil à retordre ! En effet, cette famille se balade entre deux départements limitrophes, la Charente et la Charente-Maritime et plusieurs remariages sont pour le moins originaux. Je vous les  présenterai lors d'un prochain article. Pour l'heure, voici l'histoire de Marie GUYON.


Jean SEGUIN est cultivateur, né à Boresse-et-Martron (Charente-Maritime) le 16 février 1806. Il a deux fils, tous deux prénommés Jean. L'aîné, dit Fils, est né le 27 août 1836 à Saint-Vallier en Charente ; le second, dénommé Jeune ou Alexandre, est né le 5 mars 1847 à Saint-Vallier. Ces deux Jean se sont mariés avec deux Marie THOMAS, soeurs. L'aîné s'est marié à Saint-Vallier en 1860, le second à Sauvignac (16) en 1869.

Emplacement des événements de la famille SEGUIN - geoportail.gouv.fr



Ces sont les deux actes de mariage qui nous apprennent que ces deux enfants n'ont pas la même mère.

Jean dit Fils est issu du premier mariage de Jean SEGUIN, qui a eu lieu à Saint-Vallier avec Françoise OLIVIER en 1831, le jour de la Saint-Valentin. Jean dit Jeune dit Alexandre a pour mère une certaine Marie GUYON. L'acte de mariage, ne nous permet pas d'avoir sa date de décès qui a eu lieu avant le mariage de son fils, l'acte étant noté annexé, mais non numérisé.

Détail Acte de mariage Jean SEGUIN - Marie THOMAS (Sauvignac) - 3E402/8 - AD16


Marie GUYON n'apparaît pas sur les listes du recensement avec son mari Jean SEGUIN en 1841, ni en 1861 à Saint-Vallier où celui-ci demeure avec ses fils.


En épluchant les actes de naissance, nous trouvons deux autres enfants du couple Jean SEGUIN et Marie GUYON : Pierre, né en 1844 et décédé en 1847; Marie, née en 1849 et décédée en 1851.


Le décès de Marie GUYON n'est ni sur les registres de Saint-Vallier, ni sur celui de Boresse-et-Martron. Le couple ne s'est pas marié non plus sur ces deux villages.


D'où vient Marie GUYON et qu'est-elle devenue entre le décès de Marie et le mariage de son fils Jean ?


C'est le baptême de ce dernier qui va nous donner une piste. Son baptême a été célébré à Saint-Vallier le 9 mars 1847 sous le prénom de Daniel, prénom de son parrain qui s'avère être Daniel GUYON, propriétaire à Saint-Aigulin (17). En suivant cette piste sur cette nouvelle commune, nous trouvons le mariage de Jean SEGUIN et Marie GUYON, le 27 février 1843, ainsi que sa naissance le 20 septembre 1805. Daniel GUYON est le grand-père maternel de Jean. Nous apprenons également que Marie GUYON était veuve d'un premier mariage dont elle a eu 4 enfants.


Acte de baptême Daniel (Jean) SEGUIN  (Saint-Vallier) - AD16


C'est grâce aux deux mariages de sa fille Marie, seule survivante à l'âge adulte, que nous avons trouvé la mention du décès de Marie GUYON, dans un village du Lot, Leyme, à 200 km de Saint-Vallier, dans un hospice.


Acte de décès Marie GUYON (Leyme) - AD46

Sur la table de succession du canton de Lacapelle-Marival, nous retrouvons en effet la mention de son décès et son statut "d'aliénée".
Détail Table de succession Marie GUYON (Lacapelle-Marival) - 3Q6281 - AD46



Détail Table de succession Marie GUYON (Lacapelle-Marival) - 3Q6281 - AD46

Est-ce le décès de ses 6 enfants en bas-âge qui a conduit Marie dans cette hospice ? La famille SEGUIN avait-elle l'opportunité de la voir régulièrement ?

Mon client n'a pas souhaité pour l'instant creuser plus loin, mais je sais que les dossiers des internés sont aux Archives Départementales du Lot.

Sources :
Archives Départementales Charente-Maritime (site en maintenance)
Archives Départementales Charente
Archives Départementales Lot


30 juin 2016

#ChallengeAZ : Z comme Zoom sur Pierre Marie GLORY

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Hier, je vous présentais Jean Marie, aujourd'hui, je vous présente son petit frère Pierre Marie.

Pierre Marie naît le 12 septembre 1889 à La Prénessaye (22). Il est le 3ème fils du couple de Pierre Marie et Marie Françoise DAGORNE. Malheureusement, à l'âge de 3 ans, Pierre perd son père alors âgé de 33 ans. Sa mère se remarie l'année suivante avec Joseph GAUTHIER. Ils auront ensemble sept enfants.

Très peu de renseignements sur le feuillet nominatif de contrôle de Pierre Marie à part son parcours militaire que voici :
  • mobilisé le 3 aoput 1914 au 13ème Régiment de Hussards
  • classé le 14 juin 1916 au 7ème Régiment d'Artillerie
  • classé le 27 juin 1916 au 1er Régiment d'Artillerie de Campagne
  • classé le 25 janvier 1917 au 31ème Régiment d'Artillerie de Campagne
  • classé le 01 octobre 1917 au 253ème Régiment d'Artillerie de Campagne
  • classé le 01 avril 1918 au 175ème Régiment d'Artillerie de Campagne
  • classé le 01 juin juin 1921 au 110ème Régiment d'Artillerie
  • Sans affectation au 01 avril 1927
  • classé service armé le 4 juillet 1928 et le 3 septembre 1931
 On apprend aussi qu'il a été accueilli à l'hôpital mixte de Dinan le 11 décembre 1915, puis aux dépôt des convalescents du 28 mars au 1er avril 1916. Il sera à l'hôpital complémentaire n°53 à Evreux le 12 novembre 1916.

Aucune mention signalétique, aucune mention de la blessure qui l'a obligé à être hospitalisé.

Un petit tour au SAMAH (Service des Archives Médicales et Hospitalières des Armées) s'impose...

Pierre Marie se mariera avec Marie Cécile LEROUX. Il décède le 22 janvier 1946 à La Prénessaye (22).


29 juin 2016

#ChallengeAZ : Y comme Jean Marie GLORY

Dans mon arbre de collatéraux, j'ai trois GLORY, frères et cousin. Aujourd'hui, nous abordons la courte existence de Jean Marie GLORY, Mort pour la France.

Jean Marie est né à La Prénessaye (22) le 27 décembre 1887, de Pierre Marie et Françoise Marie DAGORNE. Il a au moins deux frères, Victor Marie de deux ans plus vieux, et Pierre Marie, de deux ans plus jeune.

Feuillet nominatif de contrôle GLORY Jean Marie - vue 259 - AD22

Feuillet nominatif de contrôle GLORY Jean Marie - vue 259 - AD22
Jean Marie a 20 ans en 1907. Sur le site des Archives départementales des Côtes-d'Armor, il n'y a pas de fiche matricule pour cette classe, mais le feuillet nominatif de contrôle. Il contient plus de rubriques, mais encore faut-il qu'elles soient remplies, ce qui n'est pas le cas du feuillet de Jean Marie. Je n'ai donc que les éléments consécutifs à sa blessure, qui a lieu à Vitry le François le 5 septembre 1914. Jean Marie a reçu un éclat d'obus sur l'avant bras droit qui lui a occasionné une fracture du cubitus et deux plaies en séton, c'est-à-dire avec deux orifices rapprochés. Il part donc en hospitalisation à Béziers dans l'hôpital n°29 du 10 septembre au 17 août 1915.
On apprend qu'il souffre aussi d'un phlegmon (une inflammation du tissu conjonctif) et d'une légère impotence.
Du 19 au 28 août 1915, il est transféré à l'hôpital temporaire militaire n°50, au collège de jeunes filles. Il est transféré une dernière fois à l'hôpital au dépôts des convalescents n°38 puis part en convalescence un mois. Il est donc envoyé au service mécanothérapie 111 à Cherbourg.

La commission de réforme statue et le classe en service armée le 6 décembre 1915. Jean Marie dit ne pas pouvoir se servir de son bras droit. Il sera envoyé pour examen et avis et retournera à l'hôpital au dépôt des convalescents n°88 à Querqueville du 22 décembre au 6 mars 1916. Il finira par une convalescence de 2 mois à La Prénessaye.

La guerre a besoin de bras et Jean Marie repart sur le front. Il sera porté disparu le 17 août 1916 à Fleury devant Douaumont. Son décès sera constaté le 4 juillet 1917 et il est déclaré tué à l'ennemi à Verdun à la Côte du Poivre. Son corps sera inhumé à la station de chemin de fer de Fleury. Il avait 29 ans.

28 juin 2016

#ChallengeAZ : X comme André, enfant assisté de la série X

Aujourd'hui, j'aborde le parcours de mon arrière-arrière-grand-père maternel. La branche DERACHE est une branche que j'ai commencé à remonter très récemment, et comme habituellement dans mon arbre, j'ai trouvé un enfant né de père inconnu. Voici ce que je sais de son histoire.

Nous sommes à Paris, à l'hôpital LARIBOISIERE, 2 rue Ambroise Paré dans le 10ème arrondissement. Pauline DERACHE est venu accoucher de son fils. Elle est domestique, non loin de là au 82 rue Dunkerque, et a seulement 19 ans. Les témoins de la naissance seront deux employés de l'hôpital. Le petit André Paulin est né le 11 août 1888 à 22h. Il est né de père inconnu. Dans le registre des enfants assistés, on trouve mention d'André à l'année 1893, sous le matricule 107913. Grâce à @chronique92 qui a pu numériser le dossier, nous apprenons qu'André a été placé chez un couple, nommé BOIS-MARIN à La Bosse dans la Sarthe. Pauline habite alors un hôtel meublé au 49 rue Philippe de Girard à Paris, logement qu'elle quitte le 4 mai 1891. Le couple BOIS-MARIN ne touchant plus la pension de nourrice, l'hospice du Mans a accueilli André, lequel sera recueilli par le service des enfants assistés de la Seine, puisqu'il est né à Paris. Il est classé dans la catégorie des enfants abandonnés le 2 février 1893. Nous ne savons pas s'il a vu sa mère et à quelle date il a effectivement été placé chez ce couple. Cependant, la loi du 23 décembre 1874 et du 8 janvier 1875, dans l'article 7, précise que toute personne qui met en garde son enfant doit le déclarer à la Mairie de naissance ou à la Mairie de sa résidence. Les archives de la mairie du 10ème arrondissement ou de La Bosse (72) pourront peut-être nous en apprendre davantage.

André survivra à ce drame et effectuera son service militaire dans la Sarthe, où il est aide de culture. Il mesure 1m77 et a les cheveux châtains et les yeux bleus. Le 8 octobre 1909 il intègre le 1er Bataillon d'Artillerie à Pied, puis le 1er mars 1910 le 1er Régiment d'Artillerie à Pied. Neuf mois plus tard, il est nommé 1er canonnier servant. Il passe en disponibilité et obtient son certificat de bonne conduite.

Il effectuera une période d'exercice fin 1913 au 2ème Régiment d'Artillerie à Pied. A la mobilisation, il intégrera dès le 3 août le 3ème Régiment d'Artillerie à Pied. Malheureusement, le 7 septembre, il est fait prisonnier à Maubeuge. D'après un avis officiel du 1er mars 1915, il est interné au camp de Friedrichsfeld, dont une description est donné sur ce site
Gazette des Ardennes - 24 juin 1915 - page 4
Malgré les conditions de détention déplorables, il survit et est rapatrié le 10 décembre 1918 au Havre. Il obtient une permission de 60 jours jusqu'au 24 février 1918, date à laquelle il est incorporé au 3ème Régiment d'Artillerie à Pied. Démobilisé le 22 juillet 1919, il se retire rue Henri Boulard à Ecommoy. C'est pendant sa permission qu'il a épousé Yvonne Marie HAUTREUX le 1er février 1919 à Ecommoy. Il auront trois enfants, Daniel, Gilberte et Jacqueline.

Sur sa fiche matricule, on apprend qu'André est affecté en tant qu'aide-scieur à la scierie Luce à Ecommoy le 7 septembre 1936. Entre-temps en 1929, l'Etat lui a réquisitionné des chevaux.
Il décédera le 16 octobre 1968 à Ecommoy, à l'âge de 80 ans. A-t-il pu revoir sa mère ? A-t-il connu son père ?

Sources :
Archives de Paris
Archives départementales de la Sarthe
http://histoiresdepoilus.genealexis.fr/camps/camp-friedrichsfeld.php

27 juin 2016

#ChallengeAZ : W comme WUILLEME Léon

J'ai abordé Léon WUILLEME, dans l'article concernant son frère Joseph Alexandre.

Je n'ai pas beaucoup d'informations sur Léon. Il est né le 11 juillet 1875 à Pouru-Saint-Rémy (08) de Jean-Baptiste et Suzanne Lucie SAUVAGE. Il est le cinquième enfant d'une fratrie de six. Faisant partie de la classe 1895, il obtient un sursis de départ pour maladie et sera incorporé le 21 janvier 1897 dans le 39ème Régiment d'artillerie en tant que 2ème canonnier servant. En effet, Léon est ajusteur. Il prépare et distribue les pièces d'artillerie pour son régiment. En 1899, il passe 1er canonnier serant et obtient son certificat de bonne conduite lorsqu'il passe en disponibilité. Il est affecté au 40ème Régiment d'Artillerie lorsqu'il passe en réserve en novembre 1899.Il y effectuera deux périodes d'exercices en 1902 et 1905. En 1907, il déclare une adresse à Boismont (54). Il s'agit du village dans lequel s'est marié son frère Ambroise Alexis. Le recensement de 1906 n'est pas disponible en ligne.  Il n'y a pas de naissance et de décès de WUILLEME jusqu'à 1904 à Boismont.

16 rue Général Thiry - Neuves-Maisons (54)
En 1909, il indique habiter à Neuves-Maisons (54), au 16 rue Général Thiry. Il n'y est plus au recensement de 1911. 
Lors de la mobilisation pour la Première Guerre Mondiale, il est incorporé le 2 août 1914 dans le 5ème Régiment d'Artillerie à Pied. Le 5ème Régiment est affecté à la défense de Verdun. Dès le lendemain, les réservistes sont habillés, armés et répartis dans les batteries. Le 6 août, la mobilisation est terminée et les batteries sont au complet. Je ne sais pas encore sur quel secteur était affecté Léon. Après seulement deux mois sur le front, Léon décédera à l'hôpital n°7, vraisemblablement le Collège Saint Jean à Verdun, atteint de la dysenterie, le 2 octobre 1914, à l'âge de 39 ans. Son acte de décès nous en apprendra peut-être un plus sur sa vie familiale.

Collège Saint Jean (Verdun)
Sources :
Archives Départementales de Meurthe-et-Moselle
Archives Départementales des Ardennes
Google Maps
http://www.weekisto.fr/plan/dept/meuse-55/hopitaux-militaires-1914.php
http://clg-anjou-72.ac-nantes.fr/1418/MAM/Grades.html

25 juin 2016

#ChallengeAZ : V comme VUILLEME Joseph Alexandre

Dans cet article, j'avais écrit une anecdote sur la recherche dans les registres et expliqué comment j'avais trouvé Joseph au patronyme LE BORGNE au lieu de LEBORGNE, relativement important pour les archives des Côtes-d'Armor, quand on sait que tous les patronymes commençant par LE sont classés à part.
Aujourd'hui, c'est le W qui se transforme en V dans le patronyme WUILLEME. J'étais pourtant au courant puisque mon patronyme original est en fait VUILLESME, mais je ne pensais pas trouver cette erreur dans des registres aussi récents que la fiche matricule de mon arrière-arrière-grand-père. J'ai donc tourné en rond un bon quart d'heure avant de penser à tourner la page :)
Fiche matricule WUILLEME Joseph Alexandre - AD08

Voici donc le parcours civil et militaire de Joseph Alexandre WUILLEME.
Joseph Alexandre est né le 22 août 1877 à Margut dans les Ardennes (08). C'est donc tout naturellement à Mézières qu'il a été recruté. Mais en 1897, son frère Léon est déjà en train de faire ses classes, Joseph Alexandre est donc dispensé et sera incorporé le 14 novembre 1898 dans le 150ème Régiment d'Infanterie en tant que soldat de 2ème classe. Il obtient son certificat de bonne conduite et passe en disponibilité puis en réserve en 1901. Entre-temps, le 30 décembre 1899, il s'est marié avec Marie Constance FRANÇOIS à Margut. Joseph Alexandre n'effectue pas sa première période d'exercices en 1904, il est noté "dispensé 6%". En effet, Henri, son premier fils, vient de naître et a rejoint ses deux soeurs, Léone et Louise nées en 1900 et 1902. Joseph Alexandre est donc soutien de famille. Il ne fera donc qu'une période d'exercices en 1909, puis passera dans l'armée territoriale en 1911. Entre-temps, Alice, une quatrième fille est née, toujours à Margut (08), puis enfin Georges en 1913.
9 rue Heyrault - Billancourt (92)
Joseph Alexandre est mobilisé en 1914, il a 37 ans. Le 2 octobre 1914, son frère Léon tombe à Verdun. Joseph Alexandre est ouvrier d'usine et sera donc détaché à l'usine mécanique et métallurgique à Saint-Denis dès le 5 octobre 1915. Le 1er juillet 1917, il passera au 1er Régiment de Zouaves. Le 4 avril 1918, Ambroise, second frère de Joseph, décède des suites d'une hémorragie, alors qu'il est mobilisé dans une usine au Grand-Quevilly (76). Joseph, lui, sera définitivement démobilisé le 13 février 1919. Trois jours avant, il réside au 22 place de l'Hôtel de Ville à Beauvais. Avait-il eu des contacts pour un travail à Saint-Denis ou la région de Margut était-elle trop sinistrée pour retrouver du travail ? La famille s'installe au 9 rue Heyrault à Billancourt (92) en 1922. 
Joseph Alexandre aura la chance de célébrer les mariages de ses cinq enfants et verra la naissance de plusieurs de ses petits-enfants. Il décédera vers 1948.

Sources :
Archives Départementales des Ardennes
GoogleMaps

24 juin 2016

#ChallengeAZ : U comme Une histoire d'espionnage (6)

Nous sommes le 28 mai 1918. Dix jours ont passé depuis les derniers interrogatoires dans l'affaire concernant Sylvain LLENSE et ses comparses, accusés d'espionnage et d'intelligence avec l'ennemi.

Le capitaine Clément BAZIN interroge Sylvain LLENSE. Son avocat Me BONTEMPS a décidé de se dessaisir de l'affaire. Llense décide alors de renoncer à prendre un avocat pour cet interrogatoire et demande un délai de réflexion de 2 à 3 jours pour décider s'il en souhaite un nouveau. L'interrogatoire a pour but de clarifier les relations de LLENSE avec LÉONARDI.

LLENSE confirme qu'il a fait la connaissance de LEONARDI au PAOL (Parc Automobile de Lyon) en mars 1917. Leur relation a démarré lors du trafic de cocaïne, il réfute des rapports à but politique. Il confirme le voyage avec LEONARDI à Marseille en septembre 1917 et dit qu'il a prévenu LEONARDI qu'il irait à Barcelone pour acheter de la cocaïne et de la morphine. LLENSE a demandé à LEONARDI de se charger de l'impression des tracts avec un imprimeur qu'il connaissait à Marseille, rue de Rome. LEONARDI a désapprouvé l'impression des tracts. LLENSE lui a parlé de l'envoi qu'il devait faire à Pépita BARRI. LEONARDI est allé à Marseille mais a dit que l'imprimeur ne voulait pas prendre en charge l'impression des tracts. LLENSE a donc envoyé directement les épreuves des tracts par pli recommandé partir du bureau de la rue de Bonnel. L'adresse était écrite à la machine à écrire. Il a demandé également quelques renseignements sur l'armée d'Orient et sur l'entrée et la sortie de bateau en réparation à Marseille. LEONARDI est retourné voir l'imprimeur et a prévenu LLENSE que celui-ci n'avait pas pu avoir les renseignements concernant l'armée d'Orient. Il a donné un chiffre concernant les bateaux mais LLENSE dit qu'il l'a oublié. LLENSE confirme avoir envoyé fin janvier 1918 une vingtaine de placards qui avait été remis par l'agent allemand. Il a préparé les plis seul mais a informé LEONARDI du nouvel envoi. Sylvain se rappelle que Karl lui avait versé vers fin janvier une somme de 200 francs pour l'achat de cocaïne et pour les voyages à Marseille. Sylvain confirme que LEONARDI ne lui a fourni aucun renseignement au sujet d'une poudrerie. Il n'a plus eu de contact avec lui depuis le mois d'avril.

Le capitaine demande exactement quel a été son parcours militaire depuis la mobilisation. Il décrit son parcours mais réfute les irrégularités dont il a été accusé quand il était vaguemestre. Il confirme qu'il a été suspendu par mesure disciplinaire pour avoir avec deux autres camarades fait disparaître une lettre recommandée contenant environ 300 Francs de coupon. Le capitaine lui demande quelque somme il avait sur lui lorsqu'il est allé en Espagne. LLENSE déclare avoir eu comme recettes 2500 Francs de l'affaire des mèches à briquet pour laquelle il n'a pas touché de commission. Pour se rendre à Marseille en septembre 1917, LLENSE avait sur lui 7500 francs dont voici le détail :
  • 500 F en espèces
  • 1200 F de son livret de caisse d'épargne
  • 500 F donné par ses parents 
  • 400 F des vente de mèches a briquets 
  • 2500 F de commission par la maison Estève. 
  • 1200 F de son trafic de cocaïne et de morphine apportée par LEONARDI
  • 2500 F de son trafic de cocaïne et de morphine acheté à Lyon. 
Il a dépensé 1500 F environs de partir à Cerbère. Il est donc parti à Cerbère avec 7500 F dont 4000 F qu'il a laissé dans sa chambre chez ses parents.
Il aurait également demandé 400 F en lettre de crédit à la maison Estève. Malheureusement, ce point de l'interrogatoire diffère du précédent, ce que lui fait remarquer le capitaine. LLENSE affirme alors qu'il s'était trompé dans le précédent interrogatoire mais qu'à présent il dit la vérité. Ses déclarations ne sont pas identiques à celle de sa mère. Celle-ci a affirmé que les sommes présentes dans la chambre avaient été apportées petit à petit. LLENSE déclare alors que sa mère devait être affolée par son arrestation et qu'elle a dû s'embrouiller !
La capitaine revient alors sur la relation de LLENSE avec le nommé Arturo CHARPENTIER. LLENSE lui confirme n'avoir eu que des relations commerciales pour la cocaïne, mais rien ne concernant l'espionnage.
Suite à cet interrogatoire, les agents reçoivent l'information qu'il n'y a pas de trace du paquet envoyé à la nommée Pepita BARRI.
On procède ensuite à l'interrogatoire de 9 détenus de la prison de St Paul et de St Joseph, accusés d'avoir distribué des tracts et qui pourraient les avoir obtenu par l'intermédiaire de LLENSE. Il s'agit de cinq soldats, quatre civils dont deux femmes. Six d'entre eux affirment ne pas connaître LLENSE. L'un des soldats, Maurice THEVENOT connaît LLENSE pour l'avoir rencontré lorsqu'il était canonnier au 54ème Régiment d'Artillerie. Ce THEVENOT connaît également deux soldats rencontrés à Lyon et à Marseille qui connaissent LLENSE mais ne peut pas dire s'ils sont concernés par cette affaire. Les deux derniers détenus n'étant plus retenus en détention, ils n'ont pu être interrogés.
Le capitaine en profite pour demander au service de renseignements si les faits reprochés à LLENSE apparaissent dans des affaires à Besançon, Montpellier, Marseille, Bourges, et Clermont-Ferrand. La réponse est négative.
Le 28 mai a également lieu un contre-interrogatoire de LEONARDI. De même que LLENSE, son avocat Me BUYAT, ne s'est pas présenté. LEONARDI réfute tout ce qui pourrait l'accuser sauf connaître LLENSE.

Deux jours plus tard, a lieu un contre-interrogatoire de Louise GARNIER, qui réfute également toutes les accusations et déclare qu'elle ne sait rien des faits d'espionnage.

LEONARDI reçoit une lettre de Mlle DELOBLE, institutrice à Beligneux (01), écrite le 7 mai mais reçue le 28 mai, luis souhaitant "Meilleurs souhaits de bonne chance et bon souvenir".



La suite nous dira si cela a fonctionné...

Sources :
Memoideshommes.gouv.fr