23 juin 2015

#ChallengeAZ : T comme Trévé ou le périple de Jean Marie

Trévé (22)
Trévé est une commune de Côtes d'Armor (anciennement Côtes du Nord). En 1877, elle compte 2180 habitants environ. 1877, car c'est l'année de naissance de Jean Marie LESSART, petit-fils de Guillaume. Il est le fils de Pierre Marie et de Jeanne Marie LE FLOCH, mariés à La Motte, à 8 kilomètres, village d'origine de la mariée. Jean Marie est leur aîné, né un an et demi après le mariage. Il a au moins deux demi-frères, François Yves Marie, né 8 ans plus tôt, et Pierre Marie Désiré, né le 20 mai 1864, du premier mariage de son père avec Marguerite MOISAN. 

Jean Marie et Jeanne Marie n'auront pas d'autres enfants à Trévé, ni à Loudéac, ville où ils habiteront lors du mariage de leur fils.
En 1897, Jean Marie est appelé au service militaire. Il est dit laboureur à Loudéac. Son degré d'instruction est de 2 et son degré d'instruction militaire, exercé. Incorporé au 41ème régiment d'Infanterie en tant que soldat de 2ème classe, il obtiendra un certificat de bonne conduite et sera renvoyé en congé en 1901. 

En 1903, Jean Marie réside à Paris 13ème, 27 rue Domrémy. Le 6 juillet 1904, naît Madeleine Marie Louise, fille naturelle de Marie Césarine AUDRAIN. celle-ci sera reconnu par sa mère et son père, le 25 juillet 1904 à la mairie. Elle sera légitimé par le mariage de ses parents le 3 novembre 1906, toujours à Paris 13ème. Entre-temps en 1905, Jean Marie et Marie Césarine ont emménagé au 145 rue Nationale à Paris 13ème. Marie Césarine est originaire de la Prénessaye (22) à 15 kilomètres de Trévé. Peut-être que les deux familles se connaissaient avant d'émigrer dans la capitale ? En effet, cette dernière habite chez sa mère à son mariage.

En 1908,  la fiche matricule précise le domicile de Jean Marie à Ivry, 5 rue Mozart dans l'ancien département de la Seine, dans un petit immeuble d'un étage. En 1910, Jean Marie est de retour dans la 13ème arrondissement, au 28 rue Esquirol. En 1912, il déménage à nouveau au 23 rue Jenner, même arrondissement. Ces deux rues sont situées au nord du boulevard de la Gare (voir ci-dessous).
Source : http://www.parisrues.com
Nous savons depuis son mariage, que Jean-marie exerce le métier de raffineur, celui-ci peut concerner autant du sucre que du pétrole, je n'ai pas d'indications exactes. A noter que Marie Césarine est dénommée raffineuse dans l'acte de mariage et que deux témoins le sont également et domiciliés à la même adresse. Du 125 au 147 Boulevard Vincent Auriol (anciennement boulevard de la Gare), à quelques mètres de la rue Nationale était située la raffinerie Say. A l'emplacement de l'actuel "Jardin de la raffinerie Say", existait un dépôt de charbon appartenant à la raffinerie de sucre (qui deviendront les sucres Béghin-Say). Le travail y était pénible, les accidents fréquents. Les femmes représentent 54% du personnel en 1908.

Emplacement de la raffinerie Say, du 191 rue du Château des Rentiers et 145 rue Nationale
Paris 13ème - source : wikipedia
Durant ces années, le couple aura deux autres filles, Andrée et Georgette.

En 1914, Jean Marie est mobilisé. Il incorpore le 74ème Régiment d'Infanterie Territoriale. Il participera à la bataille de la Marne et à la bataille de Verdun. Il passe au 313ème Régiment d'Infanterie le 26 mai 1917 puis au 122ème Régiment d'Infanterie territorial le 17 novembre 1917, dans l'Aisne. Jean Marie ne semble pas avoir été blessé. Démobilisé en 1919, il se retire au 28 rue Esquirol, Paris 13ème.

Est-ce pendant la guerre ou à son retour que son couple a battu de l'aile ? Le 13 octobre 1922, Marie Césarine est condamnée pour adultère par le tribunal de Corbeil (récupération du document en cours). Les époux sont déjà séparés. Jean Marie habite au 191 rue du Château des Rentiers à Paris, Marie Césarine au Moulin Galant à Villabé (93), ce hameau comptant une dizaine de maisons. Jean Marie demande le divorce pour torts envers sa femme et l'obtient le 29 novembre 1922. Marie Césarine ayant perdu, elle est condamné à régler les frais de procédure. Jean Marie obtient la garde de l'aînée des deux dernières filles, vraisemblablement Andrée. Marie Césarine, a la garde de Georgette.
Madeleine, elle, est majeure et après avoir donné naissance à son fils, mon grand-père, elle se mariera en 1926 avec Henri WUILLEME qui le légitimera.

D'après les souvenirs familiaux, Jean Marie serait décédé en 1943. Marie Césarine, quand à elle, est décédée en 1967 à Tournan-en-Brie (77).

Sources :
http://lafabriquedeparis.blogspot.fr/2012/11/la-raffinerie-say-ou-la-jamaique-paris.html
Jugement de divorce du 29 novembre 1922, Paris (collection personnelle)
Archives Départementales des Côtes d'Armor
Archives de Paris
Rue Nationale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rue_Nationale_%28Paris%29#B.C3.A2timents_remarquables_et_sites_particuliers
Villabé : https://fr.wikipedia.org/wiki/Villab%C3%A9#Lieux-dits.2C_.C3.A9carts_et_quartiers
Trévé : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%A9v%C3%A9
https://fr.wikipedia.org/wiki/74e_r%C3%A9giment_d%27infanterie#Premi.C3.A8re_Guerre_mondiale

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