Le blog évolue

Ce blog reste durablement accessible comme fonds d’archives de mes recherches généalogiques, enquêtes familiales et participations aux différents ChallengeAZ.

Mes nouveaux articles consacrés à la généalogie, à la psychogénéalogie et aux histoires familiales sont désormais publiés dans Le Journal de Ce qui se trame.

Découvrir le nouveau journal

12 octobre 2026

Une histoire d'espionnage (12) — Llense reste seul face au conseil de guerre

Lorsque l'affaire commence, trois personnes sont inquiétées : Sylvain LLENSE, Dominique LEONARDI et Louise GARNIER.

Au fil des interrogatoires, Sylvain accuse, minimise, revient sur ses déclarations et se rétracte. Dominique nie presque tout. Louise affirme qu'elle ignorait les activités d'espionnage de son compagnon.

Le 3 septembre 1918, le capitaine rapporteur dépose enfin son rapport.

Il faut maintenant décider qui sera jugé.

Le sort de Dominique LEONARDI

LLENSE a rencontré LEONARDI au Parc automobile d'organisation de Lyon. Leurs relations commencent autour d'un trafic de cocaïne et de morphine.

Selon Sylvain, il lui aurait parlé des tracts, de l'adresse de Pepita BARRI et de renseignements concernant Marseille, l'armée d'Orient ou les navires en réparation. Mais ses déclarations varient. Il reconnaît aussi que LEONARDI aurait désapprouvé l'impression des tracts et qu'il ne lui aurait fourni aucun renseignement sur une poudrerie.

LEONARDI, de son côté, nie toute participation à l'espionnage.

Les recherches ne permettent pas d'établir suffisamment les faits qui lui sont reprochés. Il est remis en liberté provisoire le 2 août 1918. Dans son rapport final, le capitaine conclut qu'il n'existe pas de charges suffisantes contre lui et demande un non-lieu.

Les meilleurs souhaits envoyés quelques mois plus tôt par Mlle DELOBLE lui auront donc peut-être porté chance.

Le sort de Louise GARNIER

Louise a envoyé un télégramme à Pepita BARRI et effectué plusieurs voyages à l'étranger. Mais la correspondance saisie chez elle ne révèle rien de suspect. Ses explications sur ses déplacements sont jugées vraisemblables.

Surtout, LLENSE reconnaît avoir menti lorsqu'il l'a accusée de connaître et d'encourager ses activités. Le rapporteur estime que Louise ne comprenait probablement pas la véritable destination du télégramme qu'elle avait recopié.

Là encore, les charges sont insuffisantes.

Le non-lieu est demandé.

Les accusations maintenues contre LLENSE

Sylvain reste donc seul.

Le rapport du 3 septembre retient deux ensembles de faits.

Le premier concerne l'espionnage. LLENSE est accusé d'avoir procuré à l'espionnage allemand de Barcelone des renseignements sur la 10e armée, les troupes envoyées en Italie, les véhicules, les personnels, les sections de ravitaillement en munitions d'artillerie lourde ayant quitté le P.A.O.L. et l'emplacement de parcs automobiles. Il est également accusé d'avoir remis, en janvier 1918, un rapport sur la situation et l'état d'esprit de la population française.

Le second concerne les intelligences avec l'ennemi. Le rapporteur lui reproche d'avoir entretenu des relations avec des agents de l'espionnage allemand à Barcelone, puis d'avoir introduit et diffusé en France des imprimés et des tracts destinés à favoriser le désir de paix.

La provocation de militaires à la désobéissance n'est pas renvoyée séparément devant le conseil de guerre. Le rapporteur considère que la diffusion des tracts constitue l'un des moyens utilisés pour commettre le crime d'intelligences avec l'ennemi.

Les poursuites pour faux et vol militaire, mentionnées dans certaines pièces antérieures, ne figurent pas non plus parmi les deux accusations finalement renvoyées au jugement.

Le général gouverneur militaire de Lyon ordonne la mise en jugement de LLENSE.

L'audience est fixée au vendredi 27 septembre 1918, à 8 h 30.

À suivre...

Sources

  • Dossier SHD/GR 10 J 1535, PDF reconstitué p. 20 à 23 et p. 35.
  • Rapport final et ordre de mise en jugement, 3 et 9 septembre 1918.

05 octobre 2026

Une histoire d'espionnage (11) — La machine à écrire qui contredit l'accusation

Par Edaen, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14159117

Au début de l'enquête, les documents retrouvés dans les archives du service allemand de Barcelone jouent un rôle déterminant.

Ils contiennent des renseignements militaires provenant du Parc automobile d'organisation de Lyon : véhicules, personnels, ravitaillement en munitions d'artillerie lourde, unités envoyées en Italie et emplacement de parcs automobiles.

Sylvain LLENSE travaille justement comme dactylographe au P.A.O.L. Il a accès à ce type d'informations. Lorsqu'il est confronté aux photographies de ces documents en mai 1918, il finit par avouer avoir transmis des renseignements à Karl.

En 2016, j'avais écrit qu'une comparaison d'écriture confirmait que LLENSE était l'auteur des documents.

La suite du dossier oblige à nuancer sérieusement cette affirmation.

Quatre documents provenant des archives ennemies

Le 16 août 1918, un expert en écritures est nommé. Il s'agit de Francisque BUISSON, expert juré près les tribunaux de Lyon.

Il doit examiner les photographies de quatre documents conservés dans les archives des services ennemis à Barcelone. Le dossier mentionne notamment une copie à la machine, une lettre de l'état-major général concernant le service des renseignements, une lettre du Grand Quartier général et un bordereau d'envoi.

Pour effectuer la comparaison, l'expert dispose de cinq pièces et de trois spécimens de l'écriture de LLENSE.

Son rapport est déposé le 29 août.

Sa conclusion est claire : les documents examinés ne sont pas de la main de LLENSE.

Une preuve qui en contredit une autre

Cette expertise est importante. Elle montre surtout pourquoi il faut lire un dossier jusqu'au bout.

En mai, une première comparaison avait contribué à provoquer les aveux de LLENSE. En août, l'expertise judiciaire ne lui attribue finalement pas les quatre documents étudiés.

Cela ne signifie pas que les renseignements n'ont pas été transmis. Cela ne prouve pas non plus que LLENSE est étranger à leur arrivée dans les archives allemandes.

L'expert répond à une question précise : ces documents sont-ils de sa main ? Sa réponse est non.

Il ne répond pas aux autres questions : qui a rassemblé les renseignements ? Qui les a recopiés ? Qui les a transportés ? Par quel intermédiaire sont-ils arrivés à Barcelone ?

Pourquoi l'accusation ne s'effondre pas

À ce stade, plusieurs éléments continuent de peser contre LLENSE.

Il avait accès aux informations contenues dans les documents. Il reconnaît ses voyages à Barcelone et sa rencontre avec Karl. Il admet avoir reçu de l'argent, accepté une adresse de contact et envoyé des renseignements militaires. Il reconnaît également avoir remis à Karl un rapport sur l'état d'esprit de la population française et avoir introduit puis diffusé des tracts défaitistes.

L'envoi recommandé à Pepita BARRI n'a jamais été retrouvé par la Poste. Les documents expertisés ne sont pas de sa main. Mais ses propres déclarations, ses déplacements et les informations auxquelles il avait accès permettent au rapporteur de maintenir l'accusation.

L'expertise affaiblit donc une preuve. Elle ne fait pas disparaître le reste du dossier.

C'est précisément ce qui rend cette affaire difficile à résumer. Certaines pièces accablent LLENSE. D'autres contredisent la manière dont on a d'abord voulu l'accabler.

Quelques jours après le dépôt de l'expertise, le capitaine rapporteur doit prendre une décision : qui sera renvoyé devant le conseil de guerre ?

Ils étaient trois dans l'affaire.

LLENSE restera seul.

À suivre...

Sources

  • Dossier SHD/GR 10 J 1535, PDF reconstitué p. 43-44.
  • Dépôt du rapport de Francisque BUISSON, 29 août 1918.

28 septembre 2026

Une histoire d'espionnage (10) — Louise Garnier, accusée puis disculpée

Depuis son arrestation, Sylvain LLENSE affirme que Louise GARNIER ne sait rien de ses relations avec l'espionnage allemand.

Louise est sa compagne. Elle connaît son addiction et son trafic de drogue. Elle a manipulé certaines sommes d'argent pour lui. Mais elle nie avoir eu connaissance de ses activités d'espionnage.

Pendant plusieurs semaines, Sylvain confirme sa version.

Puis, le 26 juin 1918, il change brusquement de déclaration.

Le télégramme à Pepita BARRI

LLENSE prétend désormais que Louise connaissait ses relations avec l'espionnage allemand et qu'elle l'aurait même encouragé dans cette voie. Il affirme qu'elle lui aurait fourni des renseignements sur des mouvements de troupes par chemin de fer.

Il ajoute surtout que, lorsqu'il était emprisonné à la Part-Dieu, Louise aurait recopié de sa main un télégramme qu'il lui demandait d'envoyer à Pepita BARRI, 101 calle Travesera Primera, à Barcelone.

Or, Pepita BARRI est précisément le nom que LLENSE dit avoir reçu de Karl pour transmettre ses renseignements.

Les recherches effectuées au bureau de poste de la rue des Archers permettent de retrouver le télégramme. Louise GARNIER est alors arrêtée et inculpée de complicité d'espionnage et d'intelligences avec l'ennemi.

Elle continue pourtant d'affirmer qu'elle ignorait tout.

vue 555 du dossier SHD/GR 10 J 1535

Une accusation qui ne tient pas longtemps

LLENSE finit par revenir une nouvelle fois sur ses déclarations. Il reconnaît avoir menti en accusant Louise et admet qu'elle ne connaissait pas ses relations avec l'espionnage allemand.

Lors de son interrogatoire du 8 juillet, il explique le fameux télégramme.

Selon lui, Louise pensait que Pepita BARRI était une relation commerciale de Barcelone, liée notamment à CHARPENTIER. Sylvain aurait rédigé le texte au crayon, signé « Henri », le prénom utilisé par sa famille, puis glissé le tout dans une lettre transmise à Louise par l'intermédiaire de son avocat.

Il lui demandait simplement de faire partir le télégramme. Comme il fallait présenter une pièce d'identité au guichet, Louise aurait recopié le message et utilisé sa propre identité.

Cette explication paraît crédible au rapporteur pour une raison assez simple : si Louise avait connu le véritable but du télégramme, elle aurait probablement évité de laisser son adresse et son identité sur un envoi destiné à un contact de l'espionnage allemand.

Les autres soupçons

Les voyages effectués par Louise en Italie, en Espagne et au Portugal pendant la guerre attirent également l'attention des enquêteurs. Elle les explique par sa relation avec Charles JENNINGS, un étudiant américain qu'elle accompagne lors de certains déplacements.

La correspondance saisie à son domicile n'apporte aucun élément prouvant une activité d'espionnage. Les explications concernant ses voyages sont finalement considérées comme vraisemblables.

Le rapporteur relève surtout l'instabilité des déclarations de LLENSE. Il a d'abord protégé Louise, puis l'a accusée, avant de reconnaître qu'il avait menti.

À la fin de l'instruction, aucune charge suffisante ne subsiste contre elle.

Louise GARNIER a pourtant été entraînée dans l'affaire, interrogée, perquisitionnée et arrêtée à cause d'un télégramme dont elle n'aurait pas compris la signification et des accusations de l'homme avec lequel elle vivait.

Elle sortira de la procédure sans être renvoyée devant le conseil de guerre.

Mais une autre pièce du dossier vient encore fragiliser l'accusation contre Sylvain lui-même.

Les documents retrouvés dans les archives allemandes ne seraient pas de sa main.

À suivre...

Sources

  • Dossier SHD/GR 10 J 1535, PDF reconstitué p. 33 à 35.
  • Rapport final de l'instruction du 3 septembre 1918.

21 septembre 2026

Une histoire d'espionnage (9) — La cocaïne peut-elle expliquer la trahison ?

Lire l'épisode précédent

Procès-verbal de dépôt du rapport d'expert médical 

Nous sommes au début du mois de juin 1918. Sylvain LLENSE est détenu à la prison Saint-Paul de Lyon. Il a reconnu avoir rencontré un agent allemand à Barcelone, transmis des renseignements militaires et introduit en France des tracts défaitistes.

Mais il donne une explication à son passage à l'acte : la cocaïne.

Lors d'une confrontation avec Dominique LEONARDI, le 18 mai, il a déjà affirmé qu'il avait obéi à Karl sous l'emprise de la drogue, puis qu'il avait eu peur de se rétracter.

Le 5 juin 1918, le capitaine rapporteur ordonne donc une expertise médicale. Elle est confiée au médecin-major de 2e classe CHOCREAUX.



LLENSE était-il responsable ?

La question posée au médecin n'est pas de savoir si LLENSE consommait de la cocaïne. Son addiction et son trafic apparaissent à de nombreuses reprises dans le dossier. Il s'agit de déterminer si, au moment des faits, cette consommation avait supprimé ou diminué son discernement au point de le rendre irresponsable.

Le médecin étudie son état mental et les conditions dans lesquelles les faits ont été commis.

Sa conclusion est nette : lorsque LLENSE préparait puis accomplissait les actes qui lui sont reprochés, il ne se trouvait pas dans un état physique ou mental susceptible de supprimer ou de diminuer sa capacité de jugement.

Autrement dit, pour l'expert, la cocaïne n'explique pas juridiquement la trahison.

Le procès-verbal de dépôt du rapport est daté du 8 juillet 1918. Une pièce rédigée plus tard par la défense évoque pourtant un dépôt le 10 juillet. Le décalage est minime, mais il existe. Les archives ont parfois ce genre de petite aspérité qui rappelle qu'il ne faut jamais lisser les documents pour qu'ils racontent une histoire plus simple qu'ils ne le font réellement.

La défense conteste l'expertise

Le 26 juillet, l'avocat de LLENSE demande une expertise contradictoire réalisée par trois médecins spécialistes. Il souhaite également faire entendre plusieurs témoins sur l'état de santé de son client.

La demande n'est pas acceptée sous cette forme.

Le 1er août, le capitaine rapporteur confie un nouvel examen au même médecin, en lui transmettant les nouveaux éléments recueillis. Le docteur CHOCREAUX dépose un second rapport le 3 août.

Il ne modifie pas ses conclusions.

Selon lui, rien ne permet de considérer LLENSE comme excusable ou irresponsable. Pendant toute la période où il a agi, il était capable de juger, de discerner, de se décider et de se déterminer.


Flacon ancien d’hydrochlorate de cocaïne – Fin XIXe – Brocante Jolbro

Une succession d'actes préparés

Le rapporteur insiste également sur les conditions dans lesquelles les faits ont été commis. Il ne s'agit pas d'un acte unique, accompli dans un moment de confusion.

LLENSE a effectué plusieurs voyages. Il a rencontré des intermédiaires. Il a utilisé une adresse de contact. Il a recueilli des informations, préparé des envois, transporté puis diffusé des tracts. Il a reçu de l'argent et donné plusieurs explications sur son origine.

Cette succession d'actions organisées pèse lourdement dans l'appréciation de sa responsabilité.

La consommation de cocaïne reste un élément important de son parcours. Elle éclaire ses fréquentations, ses trafics et certaines de ses décisions. Mais, pour le médecin expert, elle ne lui retire pas la capacité de comprendre ce qu'il fait.

Le rapport final de l'instruction reprend donc cette conclusion : LLENSE doit être considéré comme entièrement responsable.

Sa défense vient de perdre un argument essentiel.

Pendant ce temps, Sylvain modifie encore ses déclarations. Cette fois, il ne s'agit plus de LEONARDI.

Il accuse Louise GARNIER.

Puis il se rétracte.

À suivre...

Sources

  • Dossier SHD/GR 10 J 1535, PDF reconstitué p. 14, 34-35 et 204.
  • Procès-verbal de dépôt du rapport médical du 8 juillet 1918 et conclusions de la défense du 27 septembre 1918.

14 septembre 2026

Une histoire d'espionnage (8) — Huit ans plus tard, l'enquête reprend

Première page du rapport du 3 septembre 1918
Première page du rapport final du 3 septembre 1918 - SHD/GR 10 J 1535 - Conseil de guerre  - vue 27


J'avais laissé Sylvain LLENSE le 28 mai 1918, dans le bureau du capitaine Clément BAZIN.

Dix ans ont passé depuis la publication des six premiers articles de cette histoire. J'en avais repris une partie en 2018, puis le dossier était retourné dans mes archives. Sylvain, lui, était toujours à la prison Saint-Paul de Lyon, au même endroit dans le récit, attendant que l'instruction se poursuive.

Il était temps d'y revenir.

Relire le premier article de la série

Reprenons depuis le début

Sylvain Barthélémy Joseph LLENSE est né le 23 mai 1893 à Cerbère, dans les Pyrénées-Orientales. Sa famille le prénomme Henri. Avant la guerre, il travaille notamment aux PTT. Pendant le conflit, il est affecté au Parc automobile d'organisation de Lyon, le P.A.O.L., où il exerce comme dactylographe auprès du commandement.

Cette fonction lui donne accès à des renseignements militaires : mouvements de véhicules et de personnels, sections de ravitaillement en munitions, unités envoyées en Italie et emplacement de parcs automobiles.

À la fin du mois de septembre 1917, lors d'un voyage à Barcelone, Sylvain rencontre, par l'intermédiaire de Louis SOULIER, un homme qu'il appelle Karl. D'après ses déclarations, Karl travaille pour l'espionnage allemand.

Sylvain reconnaît avoir accepté deux missions : transmettre des renseignements et faire entrer en France des tracts pacifistes et défaitistes. Il doit utiliser le nom de Pepita BARRI comme destinataire à Barcelone. Il admet également avoir reçu de l'argent : d'abord 100 pesetas, puis 1 000 pesetas lors d'un second voyage en janvier 1918.

Mais l'affaire ne se résume pas à un espion, un agent allemand et quelques enveloppes.

On y trouve aussi un trafic de cocaïne et de morphine, des absences militaires difficiles à expliquer, de l'argent dont l'origine change selon les interrogatoires, un paquet jeté dans le Rhône, des tracts retrouvés près du pont de Vernaison, une maîtresse qui envoie un télégramme sans savoir — selon elle — ce qu'il signifie, et Dominique LEONARDI, que LLENSE accuse puis décharge en partie.

Claude_villetaneuse — Collection personnelle, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12639228

Le dernier interrogatoire raconté sur ce blog

Le 28 mai 1918, LLENSE est de nouveau interrogé sur ses relations avec LEONARDI. Il reconnaît lui avoir parlé de tracts, de Marseille, de renseignements sur l'armée d'Orient et de navires en réparation. Il maintient cependant que LEONARDI n'a pas voulu participer à l'impression des tracts.

Il tente aussi d'expliquer les 7 500 francs qu'il dit avoir eus en sa possession. Les sommes proviendraient de ses économies, de ses parents, d'affaires commerciales et de son trafic de drogue. Ses déclarations ne correspondent pas exactement à celles de sa mère. Il affirme alors qu'elle a dû s'embrouiller parce qu'elle était affolée par son arrestation.

Pendant ce temps, la Poste ne retrouve aucune trace du paquet recommandé qu'il affirme avoir envoyé à Pepita BARRI. Neuf détenus soupçonnés d'avoir distribué des tracts sont interrogés. Aucun lien sérieux avec LLENSE n'en ressort. Les services de renseignements consultés dans plusieurs villes ne trouvent pas davantage sa trace dans d'autres affaires.

À ce moment-là, le dossier comporte donc des aveux très lourds, mais aussi des contradictions et des preuves matérielles qui ne sont pas toujours au rendez-vous.

Cinq cent cinquante-huit vues plus tard

Le dossier conservé par le Service historique de la Défense compte 558 vues : interrogatoires, rapports de police, expertises, courriers et décisions judiciaires.

Pour raconter la suite, je vais distinguer trois choses : ce que les archives établissent, ce que LLENSE ou les autres protagonistes déclarent, et ce qui reste impossible à prouver.

Un dossier judiciaire n'est pas un récit écrit par un narrateur qui connaît toute la vérité. C'est un empilement de paroles, de soupçons, de recherches et parfois d'erreurs. Les contradictions ne doivent pas être gommées. Elles font partie de l'histoire.

Au début du mois de juin 1918, une nouvelle question se pose. Sylvain LLENSE affirme avoir agi sous l'emprise de la cocaïne.

Est-il pleinement responsable de ses actes ?

C'est désormais à un médecin de répondre.

À suivre...

Sources

  • Ministère des Armées, Mémoire des hommes, dossier SHD/GR 10 J 1535, notamment PDF reconstitué p. 27 à 36.
  • Wuilleme Généalogie, « Une histoire d'espionnage (6) », 24 juin 2016.

26 mars 2026

Les 5 erreurs quand on débute en généalogie

Les 5 erreurs quand on débute en généalogie

Commencer sa généalogie est passionnant.

On retrouve un premier acte, puis un deuxième, on remonte une génération… et on a vite envie d’aller toujours plus loin.

Mais c’est aussi à ce moment-là que beaucoup de débutants commettent des erreurs qui leur font perdre du temps, les embrouillent, ou les entraînent sur une mauvaise piste.

Voici les 5 erreurs les plus fréquentes quand on débute en généalogie, et surtout comment les éviter.

1. Chercher dans tous les sens

Quand on commence, on a souvent le réflexe de chercher un peu partout : un nom sur un site, une date sur un autre, une branche paternelle puis une branche maternelle, avant de revenir en arrière.

Le problème, c’est qu’on finit vite par ne plus savoir où on en est.

On croit avancer, mais on accumule surtout des informations dispersées.

Ce qu’il vaut mieux faire :
travaillez une seule branche à la fois, en remontant étape par étape.

Cette méthode simple permet de garder une logique claire et d’éviter de mélanger les personnes, les dates ou les lieux.

2. Recopier une information sans la vérifier

C’est une erreur très fréquente.

Beaucoup de débutants recopient une date, un nom ou une filiation trouvés dans un arbre en ligne, sans vérifier le document d’origine.

Or un arbre généalogique publié sur internet peut contenir des erreurs.

Et une seule mauvaise information peut fausser toute une branche.

Ce qu’il vaut mieux faire :
essayez toujours de retrouver l’acte ou la source qui confirme l’information.

En généalogie, il vaut mieux avancer un peu moins vite, mais sur des bases fiables.

3. Vouloir aller trop vite

Quand on commence à obtenir des résultats, on veut naturellement remonter le plus loin possible.

C’est compréhensible.

Mais vouloir aller trop vite conduit souvent à :

  • sauter des vérifications ;
  • confondre deux personnes portant le même nom ;
  • rattacher un ancêtre au mauvais couple ;
  • perdre le fil de ses recherches.

Ce qu’il vaut mieux faire :
prendre le temps de consolider chaque génération avant de passer à la suivante.

Une généalogie solide se construit progressivement.

4. Mal lire les actes

Trouver un acte ne suffit pas.

Encore faut-il savoir l’exploiter.

Un débutant repère souvent seulement le nom principal et la date, alors qu’un acte peut contenir bien plus :

  • la profession ;
  • l’adresse ;
  • les témoins ;
  • les parents ;
  • des indices sur la génération précédente.

Ce qu’il vaut mieux faire :
lire chaque acte attentivement, ligne par ligne, et noter les éléments utiles, même s’ils ne semblent pas importants sur le moment.

Très souvent, un blocage se débloque grâce à un détail qu’on avait négligé.

5. Ne pas organiser ses recherches

Au début, on pense souvent qu’on va s’en souvenir.

Puis les recherches s’accumulent.

On ne sait plus :

  • ce qu’on a déjà vérifié ;
  • ce qu’on a seulement supposé ;
  • où l’on a trouvé telle information ;
  • quelle piste il faudrait reprendre.

C’est là que la généalogie devient frustrante.

Ce qu’il vaut mieux faire :
noter ses recherches au fur et à mesure :

  • les actes trouvés ;
  • les hypothèses ;
  • les communes consultées ;
  • les pistes à reprendre.

Une bonne organisation évite beaucoup de temps perdu.

Pourquoi ces erreurs sont normales

Si vous vous reconnaissez dans une ou plusieurs de ces erreurs, c’est normal.

Elles font partie des difficultés classiques quand on débute.

Le vrai problème n’est pas de les avoir faites une fois.

Le vrai problème, c’est de continuer sans méthode claire, au risque de tourner en rond ou de construire un arbre fragile.

Comment avancer plus sereinement

Pour progresser en généalogie, vous n’avez pas forcément besoin de chercher davantage.

Vous avez surtout besoin de :

  • savoir dans quel ordre avancer ;
  • comprendre comment vérifier vos informations ;
  • apprendre à lire les actes ;
  • adopter une méthode simple et fiable.

C’est précisément ce qui permet de gagner du temps et d’éviter les erreurs les plus courantes.

Mise à jour — octobre 2026

Cet article fait désormais partie des archives de Wuilleme Généalogie. Pour retrouver mes nouveaux articles consacrés à la généalogie, à la psychogénéalogie et aux histoires familiales, rendez-vous dans Le Journal de Ce qui se trame.

Lire le nouveau journal

En résumé

Quand on débute en généalogie, les erreurs les plus fréquentes sont souvent les mêmes :

  • chercher dans tous les sens ;
  • recopier sans vérifier ;
  • vouloir aller trop vite ;
  • mal lire les actes ;
  • ne pas organiser ses recherches.

La bonne nouvelle, c’est qu’elles peuvent être évitées avec un peu de méthode.

Et c’est souvent ce qui fait toute la différence entre une recherche décousue… et un arbre généalogique solide.

Que faire après avoir commencé sa généalogie ?

Vous avez commencé votre arbre généalogique.

Vous avez retrouvé quelques actes, identifié vos proches, peut-être même remonté une ou deux générations.

Et puis une question arrive naturellement : comment continuer sans se perdre ?

Car les débuts sont souvent rapides… mais très vite, les recherches deviennent plus complexes.

Voici comment avancer efficacement après les premières étapes.

1. Se concentrer sur une seule branche

Quand on débute, on a tendance à chercher partout à la fois.

Un nom ici, une date là, une autre branche en parallèle…

Résultat : on s’éparpille et on finit par se perdre.

La bonne approche consiste à travailler une seule branche à la fois, en remontant génération par génération.

Cela permet de :

  • garder une logique claire ;
  • éviter les erreurs ;
  • avancer plus rapidement.

2. Vérifier ses premières recherches

C’est une étape souvent négligée.

Avant d’aller plus loin, prenez le temps de :

  • relire chaque acte ;
  • vérifier les dates et lieux ;
  • confirmer les liens de parenté.

Une erreur au début peut impacter tout votre arbre.

3. Apprendre à lire les actes

Tous les actes ne se valent pas.

Un acte de mariage, par exemple, contient souvent beaucoup plus d’informations qu’un acte de naissance.

À ce stade, progresser ne consiste pas à chercher davantage, mais à mieux exploiter les documents.

Vous pouvez y trouver :

  • les parents ;
  • les témoins ;
  • des indices sur les générations précédentes.

4. Comprendre les blocages

Arriver à un moment où l’on ne trouve plus rien est normal.

Cela peut venir de :

  • plusieurs personnes portant le même nom ;
  • des informations contradictoires ;
  • un changement de commune ;
  • des archives moins accessibles.

Un blocage ne signifie pas que la recherche est terminée.

Cela signifie qu’il faut adapter sa méthode.

5. Structurer ses recherches

Si vous avez l’impression de tourner en rond, ce n’est pas un problème de motivation.

C’est souvent un problème d’organisation.

À partir de maintenant, vous avez besoin de :

  • savoir quoi chercher, et dans quel ordre ;
  • garder une trace de vos recherches ;
  • éviter de refaire les mêmes vérifications.

Une bonne structure permet d’avancer plus sereinement.

6. Continuer avec une méthode claire

Les premiers résultats sont encourageants.

Mais pour continuer efficacement, il devient nécessaire de :

  • suivre une logique de recherche ;
  • comprendre les documents en profondeur ;
  • adopter une stratégie face aux blocages.

C’est ce qui permet de progresser durablement, sans se décourager.

Vous débutez ? Attention aux erreurs fréquentes

Lorsque l’on commence sa généalogie, certaines erreurs sont très courantes et peuvent faire perdre beaucoup de temps.

Pour les éviter, vous pouvez lire cet article complémentaire :
Les 5 erreurs quand on débute en généalogie

Mise à jour — octobre 2026

Cet article fait désormais partie des archives de Wuilleme Généalogie. Pour retrouver mes nouveaux articles consacrés à la généalogie, à la psychogénéalogie et aux histoires familiales, rendez-vous dans Le Journal de Ce qui se trame.

Lire le nouveau journal

En résumé

Après les premiers jours, l’objectif n’est plus simplement de chercher.

Il s’agit de :

  • structurer vos recherches ;
  • vérifier vos informations ;
  • comprendre les documents ;
  • avancer avec méthode.

C’est cette base qui vous permettra d’aller beaucoup plus loin.

26 septembre 2020

TutoVideo - Les archives d'Ille-et-Vilaine (35)


A l'arrivée de l'hiver, certains hibernent... Moi, je reprends mes anciennes habitudes, dont une que j'affectionne particulièrement : les tutoriels vidéo.


 
A la suite d'une discussion avec un généalogiste débutant, je me suis aperçue que la méthode de recherche sur les sites d'Archives n'était pas très claire, d'autant plus quand on a affaire à une visionneuse aussi alambiquée que Thot...

Les mégabases de données Geneanet et Filae et leur moteur de recherche auraient tendance à induire qu'il suffit de saisir un patronyme pour obtenir n'importe quel acte de sa famille et ce n'est malheureusement (ou heureusement pour les passionnés et généalogistes nocturnes) pas si simple.

Voici donc un petit tutoriel spécial Ille-et-Vilaine (Petit clin d’œil à Ludovic ;) )

 

PS : un filigrane du logiciel que je suis en train de tester avant l'achat s'est inséré sur l'image, j'espère qu'il vous laissera profiter de la vidéo :)


Et vous, les aviez testé ces archives ?


Mise à jour — octobre 2026

Cet article fait désormais partie des archives de Wuilleme Généalogie. Pour retrouver mes nouveaux articles consacrés à la généalogie, à la psychogénéalogie et aux histoires familiales, rendez-vous dans Le Journal de Ce qui se trame.

Lire le nouveau journal

16 août 2019

L'énigme PAPIN, les pistes 2019 et le rebondissement ?

Depuis maintenant plus de 4 ans, je suis à la recherche de la confirmation d'une légende familiale : les sœurs PAPIN, fameuses meurtrières dans les années 1920 au Mans (72), seraient des cousines de ma grand-mère maternelle.
J'ai cherché dans la famille de ma grand-mère, puis dans celle de son parrain, par qui elle a été élevée, sans résultat jusqu'à présent. 
Suite à une analyse personnelle en psychogénéalogie, les recherches s'orientent sur le deuxième mari de ma grand-mère maternelle, Lucien LEDOUX.  J'ai déjà travaillé cette branche mais en me focalisant sur la deuxième femme du père de Lucien. Je reprends les recherches sur la totalité de l'ascendance. Il me faut donc à présent remonter la branche LEDOUX et y trouver des PAPIN.
 


J'en profite pour avoir une pensée pour mon Papi de cœur.

Voici son arbre d'ascendance sur 4 générations :

Ascendance de Lucien LEDOUX sur 4 générations - fichier personnel


Aucun PAPIN présent en ligne directe, les PAPIN pourraient donc s'insérer dans un mariage de collatéral.

Commençons par la génération 2, celle de René LEDOUX et Emilienne HUARD.
René a eu un seul frère, Paul qui serait né en 1900, d'après les recensements de 1906. Or, il n'y a pas de fiche matricule à son nom en 1919, 1920 et 1921. Je n'ai pas de date exacte, je mets de côté pour l'instant.

Emilienne HUARD est née de père inconnu (situation très courante dans mon arbre) et a été légitimée par Emile HUARD lors du mariage avec sa mère Marthe GUÉRANGER. Ils ont eu un autre enfant, Roger en 1905, comme noté dans le recensement de la ville du Mans en 1906 et 1911. Les actes ne sont malheureusement pas en ligne et Roger est absent des tables alphabétiques du recrutement militaire en 1924, 1925 et 1926. Cependant, sur les recensements du Mans, on peut trouver :
Recensement Le Mans 1931 - Listes alphabétiques - AD72

Recensement Le Mans 1936 - Listes alphabétiques - AD72
J'ai une forte présomption sur le lien entre "mon" Roger et celui ci-dessus, né en 1905 mariée avec une Félicie ROBOAM née en 1902 au Mans et qui seraient domiciliés au 57 ou 55 rue du Pré. Affaire à suivre.
Nous voyons qu'il y a également un fils nommé André avec Emile, né en 1916. Dans la table alphabétique des conscrits de 1937, on trouve un soldat HUARD André Lucien, matricule 1268. Encore trop récent pour avoir une information supplémentaire en ligne.


Nous remontons une génération supplémentaire :
Ferdinand LEDOUX a 7 frères et sœurs :
- Théodule, né le 4 mars 1877, il se marie avec Marie GILMAS,
- Fernand, né le 14 avril 1881, il épouse Henriette HAMET,
- Pauline, née le 16 mars 1886, et décédée à 6 ans le 24 août 1892,
- Fernande, née le 19 juin 1888,  mariée avec Alcide NICOUX,
- Germaine, née le 1er avril 1891, mariée avec Gustave GRELLEPOIX, puis Odile BELLANGER,
- Alexandre, son frère jumeau, mariée avec Germaine MANCEAU,
- Giselle ou Ginette ou Gaëlle, dont j'ai trouvé la trace sur un recensement en assez mauvais état, dont je n'ai ni la date ni le lieu de naissance.

Famille de LEDOUX Théodule - Recensement 1911 Le Mans

Pas de trace de Giselle sur Filae, ni sur Geneanet.

Mais où est Giselle/Ginette/Gaëlle ?

Et vous, quelles pistes auriez-vous suivies ?

Mise à jour — octobre 2026

Cet article fait désormais partie des archives de Wuilleme Généalogie. Pour retrouver mes nouveaux articles consacrés à la généalogie, à la psychogénéalogie et aux histoires familiales, rendez-vous dans Le Journal de Ce qui se trame.

Lire le nouveau journal

22 juillet 2019

Sondage : Quels sujets souhaiteriez-vous que j'aborde prochainement ?

Ce sondage est désormais clos. Cet article est conservé dans les archives du blog. Voilà maintenant 5 ans que le blog existe, je l'ai complété avec des sujets variés, provenant de mes recherches personnelles et professionnelles. En 2018, j'ai commencé à créer des vidéos afin de montrer en image comment consulter les sources disponibles sur internet.

Qu'en avez-vous pensé ? Est-ce que ce contenu vous est utile ?

Aidez-moi à vous aider et dîtes-moi quels sujets vous souhaiteriez que j'aborde ces prochains mois sur le blog ;)

01 février 2019

Tuto Vidéo : Les listes de recensements numérisées

Le nombre de sources généalogiques numérisées ne cesse de croître. La semaine dernière, 4 départements ont mis en ligne les listes de recensements pour atteindre celles de l'année 1936 : l'Oise, le Cher, Le Pas-de-Calais et l'Aveyron.

Voici une vidéo pour vous montrer ce que l'on peut trouver sur ces fameuses listes, qui sont une des sources complémentaires utiles pour étoffer votre connaissance de vos ancêtres.

Bon visionnage !

30 janvier 2019

L'énigme PAPIN : la Récap Acte 8

Voilà maintenant 4 ans que je suis une légende familiale en la décortiquant dans tous les sens pour trouver des pistes possibles. Comme je continue les recherches, pour vous remettre dans le bain, voici les résumés des épisodes précédents !

Cet article a été publié pour la première fois le 18 octobre 2017 durant le ChallengeAZ.


P comme PAPIN : la piste DENIS (2)


source : express.co.uk
Je continue de chercher la trace de la légende familiale (je peux bien l'appeler comme ça maintenant, vu toutes les pistes que je suis pour trouver :) ) de la relation entre la famille de ma grand-mère maternelle Suzanne MONCHATRE et les soeurs PAPIN, les fameuses meurtrières du Mans.

Dans cet article, j'avais envisagé une nouvelle piste. Le lien pourrait provenir de la famille du parrain de ma grand-mère, Auguste DENIS, qui l'a élevé.

J'ai continué de chercher les frères et soeurs éventuels d'Auguste Gabriel DENIS.

Le recensement de la ville de Téloché en 1911 nous donne la composition complète de la famille :
- Auguste DENIS, le père
- Augustine MAILLARD, la mère
- Auguste Gabriel, né en 1890 à Marigné
- Augustine Georgette, née en 1897 à Téloché
- Jules, né en 1902 à Téloché
- Georges, né en 1906 à Téloché.

source : sarthissime.blogspot.fr
Il n'y a pas de mention de mariage sur l'acte de naissance de Jules, et celui de Georges n'est pas en ligne.

Augustine Georgette, se mariera en 1919 avec Alexandre LÉTOURMY à Saint-Mars d'Outillé. Il est le fils de Louis Auguste et Eugénie ROBERT.

En 1921, nous retrouvons une partie de la famille à Mulsanne, au Bourg Neuf, le chef de famille étant Alexandre LÉTOURMY, avec qui habite Jules, qui travaille pour lui. Augustine MAILLARD, désormais veuve, habite avec Georges la maison adjacente. 
En 1926, la famille habite à Mulsanne dans le lieu-dit Les Sablons. Alexandre et Georgette ont eu un fils, dénommé Georges, en 1922. Augustine et Georges habitent avec eux. Une enfant de 10 ans, Juliette VIELLARD, née à Paris, y est également domiciliée.
En 1931, la famille a déménagé.
Pour l'instant, pas de PAPIN de ce côté-là.
Nous allons donc remonter une génération pour trouver les grands-parents et les oncles et tantes d'Auguste Gabriel.
Et vous, auriez-vous une idée de recherche pour trouver ce lien ?
Sources : Archives Départementales de la Sarthe

25 janvier 2019

Tuto Vidéo : les archives fiscales numérisées de Paris

A la suite des derniers tutoriels, je continue de visiter le service des archives de Paris et les nouvelles numérisations mises en ligne. Cette semaine, je vous présente les archives fiscales et leurs deux catégories : les successions déclarées et les tables des hypothèques. Ces deux sources vont vous permettre de préparer votre recherche en salle de lecture. 


trouver le patrimoine de son ancêtre parisien avec les archives fiscales de Paris


Les successions déclarées

Ce sont des fiches nominatives qui recensent les successions déclarées de 1858 à 1899. Elles concernent les personnes ayant été propriétaire d'un bien à Paris.

La table des hypothèques

Cette table permet de retrouver par ordre alphabétique les individus ayant déclaré une hypothèque sur un bien localisé à Paris. Une hypothèque est une action qui permet pour un créancier de se payer sur un bien lorsque le débiteur (le propriétaire du bien) ne peut acquitter sa créance. Ces tables nous permettent donc de trouver, par un chemin détourné, un propriétaire et les biens qu'il possède à  Paris, pour les années 1799 à 1900.



Ce que l'on peut en déduire en psychogénéalogie

Le patrimoine, et la manière dont on l'acquiert dans la famille, peuvent nous en dire plus sur les programmations et les loyautés familiales. Si nous nous trouvons en présence d'une famille pauvre (ou une partie des membres de la famille pauvre et l'autre riche), cela peut nous aider à déceler des loyautés de pauvreté transmises par les ascendants ou des injonctions de réussite trop lourdes à porter.

Des actes symboliques, une restitution à un membre de la famille, pourront aider à débloquer ces loyautés ou ces injonctions afin d'être libre dans sa propre relation à l'abondance.

23 janvier 2019

L'énigme PAPIN : la Récap Acte 7

Voilà maintenant 4 ans que je suis une légende familiale en la décortiquant dans tous les sens pour trouver des pistes possibles. Comme je continue les recherches, pour vous remettre dans le bain, voici les résumés des épisodes précédents !

Cet article a été publié pour la première fois le 19 juin 2017 durant le ChallengeAZ.

P comme PAPIN : une autre piste ?




Hier, 18 juin 1876 est décédé à Villaines-sous-Lucé (Sarthe), Jean BARRÉ, âgé de 59 ans. Jean n'était pas du village. Il était originaire de Tresson, fils de René BARRÉ et Catherine DENEU. Il avait perdu sa mère à l'âge de 18 ans. Son père s'était alors remarié 7 ans plus tard avec une certaine Marie PAPIN, elle-même veuve en première noce de Pierre PASQUIER. Est-ce là le lien entre la famille et les sœurs PAPIN ? De nouvelles recherches en perspective…


Ce 19 juin, dans mon arbre, on peut également trouver :
- la naissance de Louis LAMANDE (1860)
- la naissance de Marie Joseph DESANIAUX (1871)
- le baptême de Marie OUDIN (1673)
- la naissance de Yves Marie ALLOT (1833)
- le décès de Jeanne DOLO (1740, 1 mois)


Le 18 juin, dans mon arbre, on peut également trouver :
- la naissance de Jean GUILLAUME (1855)
- la naissance de Yves HUET (1777)
- la naissance de François GLORY (1874
- la naissance de Pierre LE CLERC (1755)
- le décès de Jeanne PELION (1761, environ 55 ans)


Mise à jour — octobre 2026

Cet article fait désormais partie des archives de Wuilleme Généalogie. Pour retrouver mes nouveaux articles consacrés à la généalogie, à la psychogénéalogie et aux histoires familiales, rendez-vous dans Le Journal de Ce qui se trame.

Lire le nouveau journal

18 janvier 2019

Tuto Vidéo : Les pupilles de la Nation de Paris

Cette semaine, nous continuons  à visiter le site du service des Archives de Paris et les fonds numérisés. Nous nous penchons sur les pupilles de la Nation de Paris.

Dans un article précédent, nous avions vu le contenu des dossiers de Pupilles de la Nation des enfants BARBOTEU, trouvés sur place aux Archives Départementales de Perpignan.

Les Archives de Paris nous permettent de trouver le jugement d'adoption des Pupilles en ligne.

Pour cela, vous devez connaître le patronyme recherché et l'année ou la période durant laquelle la personne a été adoptée. La personne ou son représentant légal doit obligatoirement être domicilié à Paris au moment de la demande d'adoption pour figurer dans ces registres.

Je vous montre tout ça en détail en vidéo avec une recherche en direct sur un patronyme au hasard.





Les conséquences possibles en psychogénéalogie

Si votre ancêtre est Pupille de la Nation, il a pu vous transmettre (et votre inconscient a décidé de prendre) toute une série de programmations et de loyautés familiales qui peuvent aboutir à des comportements toxiques, des maladies, des syndrômes qui ne vous appartiennent pas.

Ce qui peut apparaître, par exemple :
- les blessures d'abandon, 
- la peur de la perte d'être cher qui aboutit à un terrorisme relationnel, 
- l'impossibilité d'avoir un couple stable car on cherche un "papa" ou une "maman".
- les maladies chroniques qui "obligent" le partenaire à s'occuper du malade.
- les comportements envahissants qui visent à être présent et visible par l'entourage.

Ces conséquences peuvent avoir déjà été programmée par l'intermédiaire de votre prénom.

Nous verrons des cas plus en détail dans un prochain article et surtout comment se défaire de ces liens invisibles qui vous empêchent d'être vous.


16 janvier 2019

L'énigme PAPIN : La Récap Acte 6


Voilà maintenant 4 ans que je suis une légende familiale en la décortiquant dans tous les sens pour trouver des pistes possibles. Comme je continue les recherches, pour vous remettre dans le bain, voici les résumés des épisodes précédents !

Cet article a été publié pour la première fois le 23 décembre 2015 durant le ChallengeAZ.


source : infodoc.blog.free.fr 

L'énigme PAPIN, la piste DENIS

Durant le Challenge AZ 2014, j'avais écrit plusieurs articles sur une légende familiale selon laquelle notre famille serait apparentée à celle des sœurs PAPIN.


Après plusieurs recherches infructueuses dans notre ascendance directe, je m'oriente sur une autre piste. La légende familiale a été "véhiculée" par ma grand-mère. Or, celle-ci a été élevée par son parrain à Saint-Mars d'Outillé (72). Le lien avec les sœurs PAPIN se trouverait-il dans cette partie de la famille ?

Ma grand-mère maternelle, Suzanne MONCHATRE, a donc été élevée à partir de 8 ans environ, par son parrain, Auguste DENIS et sa tante Gabrielle MONCHÂTRE.

Auguste Gabriel est né le 1er août 1890 à Marigné-Laillé (72). Mais à sa naissance, son nom de famille est MAILLARD. En effet, sa mère, prénommée Augustine, n'est pas mariée lorsqu'elle accouche, elle est âgée de 28 ans et est domestique. La naissance d'Auguste est déclarée par sa grand-mère maternelle, Jeanne BOUTTEVIN. Les parents d'Augustine sont cultivateurs à la Framboisière sur le territoire de Marigné.

Vingt-cinq jours plus tard, Augustine reconnaît son fils, puis, le 7 mars suivant, elle se marie avec Auguste Julien DENIS, qui légitime alors le petit Auguste Gabriel. L'époux est âgé de 28 ans et est cultivateur à Saint Mars d'Outillé (72). Ses parents, Joseph et Julienne BRUNEAU, sont cultivateurs à Téloché.

Augustine est à présent aide culture, et son père est ouvrier sabotier.

Les témoins du mariage sont François CHEVALIER, beau-frère de l'époux, Gabriel MADRELLE, cafetier à Marigné, Jules FREULON et François FOUQUET, non parents.

Il n'y a pas d'autres enfants d'Augustine et Auguste nés ou décédés à Saint-Mars d'Outillé. D'après les arbres en ligne cités dans l'article précédent, leur fille Augustine est née à Téloché en 1897.

Néanmoins, en cherchant la famille sur les listes de recensements de Saint-Mars, (puisque je sais qu'Auguste Gabriel y sera cafetier), à la vue 26, on trouve la famille PAPIN. Gustave le père, cultivateur fermier, Clémence DERRÉ, sa femme, Emilia et Christine, les deux premières filles du couple, ainsi qu'Adeline DUMANALÈDE, une enfant assistée de la Seine âgée de 16 ans, domestique de ferme pour les PAPIN.

Il s'agit d'une des nombreuses familles PAPIN de Saint-Mars d'Outillé.

L'objectif est maintenant de retrouver les frères et soeurs d'Auguste Gabriel afin de trouver peut-être un oncle ou une tante PAPIN.

Direction le recensement de Téloché…

Sources : Archives Départementales de la Sarthe

11 janvier 2019

Tuto Vidéo : Trouver son ancêtre dans les cimetières parisiens

Le service des archives de Paris nous gâte pour la nouvelle année et nous offre trois nouvelles sources (et non quatre comme je vous l'annonce dans la vidéo, je suis gourmande !). Nous pouvons consulter désormais les registres d'inhumation des cimetières parisiens, de 1803 à 1918. Mais vous allez voir que ce n'est pas si simple de trouver les informations, même pour un décès bien avant la date de fin de consultation.

La méthode pour trouver son ancêtre dans les archives des cimetières parisiens


Pour vous montrer à quoi ressemblent ces registres et ce que l'on peut y trouver, je cherche l'inhumation de Claire et Louis MARCEL, un couple décédé à une semaine d'intervalle, les 7 et 13 juillet 1906, d'une maladie contractée par Claire à l'hôpital Lariboisière où elle travaille comme lingère.






Bon visionnage !

09 janvier 2019

L'énigme PAPIN : la Récap Acte 5 !

Voilà maintenant 4 ans que je suis une légende familiale en la décortiquant dans tous les sens pour trouver des pistes possibles. Comme je continue les recherches, pour vous remettre dans le bain, voici les résumés des épisodes précédents !

Cet article a été publié pour la première fois le 18 juin 2015 durant le ChallengeAZ.

P comme PAPIN, l'énigme...



Si vous m'aviez suivi durant le challenge AZ précédent, vous vous souvenez peut-être des articles concernant la recherche sur la légende familiale selon laquelle ma famille maternelle aurait un lien de parenté avec les soeurs PAPIN.

Nous savons donc à présent que la filiation n'est pas du côté du deuxième mari de ma grand-mère.

Dans cet article, j'avais établi une forte présomption de cousinage mais au 15ème degré du côté de ma grand-mère. J'avais donc pensé qu'il y avait peu de chances que ma grand-mère parle de ce cousinage, relativement éloigné et en avait donc déduit que le cousinage serait plus proche.

J'ai donc repris la branche de ma grand-mère et ai entrepris de chercher les descendants de ses grands-parents, collatéraux compris.

Il y a donc deux couples à vérifier :
- Georges MONCHATRE et Désirée BARRÉ
- Léon ROUSSEAU et Aimée CHAUVIN

Je suppose que les cousins en question seraient donc issus d'un mariage avec les filles MONCHATRE et ROUSSEAU.

Grâce à Patrick BOUJU, un cousin que je sais pointilleux sur les sources, je peux vérifier immédiatement mon hypothèse du côté ROUSSEAU x CHAUVIN. Le couple a eu 4 filles mais aucune mariée avec un PAPIN.

Léonie se marie avec Auguste COMPAGNON,
Eugénie, avec Auguste VÉRITÉ,
Marceline, avec Abel VÉRITÉ,
Marie avec Louis FOUSSARD.

Leurs mariages ont lieu vers leur vingt ans, et les maris ne sont pas décédés jeunes, ce qui élimine la possibilité d'un remariage.

Du côté de du couple MONCHATRE x BARRÉ, c'est encore plus rapide, il n'y a qu'une fille, Gabrielle, qui s'est mariée avec Auguste DENIS, le parrain de ma grand-mère. Ma grand-mère ayant été recueilli par eux pour sa scolarité, elle les a cotoyé jusqu'à son mariage, c'est peut-être du côté d'Auguste que se situeraient les PAPIN dont elle parle.

Gabrielle Julia est née le 14 mai 1894 à Saint-Georges-de-la-Couée (72) et s'est mariée en 1921 à Villaines-sous-Lucé avec Auguste DENIS. Celui-ci serait décédé vers 1951. Gabrielle, elle, est décédée le 18 octobre 1968 à Saint-Mars d'Outillé où le couple habitait et tenait une épicerie/auberge. Ils n'aurait pas eu d'enfants dû à une stérilité d'un des deux époux, d'après la légende familiale (oui, encore une !).

Nous partons à la recherche de la famille d'Auguste DENIS.  J'avais demandé, il y a peu, leur acte de mariage. Nous apprenons qu'Auguste est né à Marigné le 1er août 1890, fils de Auguste et Augustine MAILLARD, domiciliée à Mulsanne. ("Tiens, le maire de Villaines-sous-Lucé s'appelle Auguste PAPIN !") Les parents d'Auguste auraient-ils eu une fille qui se serait mariée avec un PAPIN ?

Direction geneanet, pour voir si quelqu'un aurait déjà établi un arbre de ce couple. Trois abonnés donnent des informations qui se recoupent.
Le couple Auguste DENIS et Augustine MAILLARD auraient 3 fils et 1 fille, prénommée Augustine, mariée en 1919 à Saint-Mars d'Outillé avec Alexandre LETOURMY. La date de décès d'Auguste n'est pas notée, ce qui n'exclut pas un remariage. L'acte de mariage n'est pas en ligne et je ne peux en savoir plus pour l'instant.

Dois-je remonter cette branche d'une ou deux générations ? Les fameux cousins PAPIN proviendraient-ils des frères d'Auguste ?

Et vous, avez-vous d'autres suppositions pour m'aider à vérifier cette légende familiale ?

Sources :
Arbres geneanet :